« The Man With the Double Heart » dans l’anthologie « Tales of the Shadowmen »

7 janvier 2013

« The Man With the Double Heart » : nouvelle publiée sous le nom de Robert Darvel dans l’anthologie « Tales of the Shadowmen » volume 9 – proposée par Jean-Marc Lofficier chez Black Coat Press. Traduction de « L’homme au cÅ“ur double » une aventure de Léo Saint-Clair, le Nyctalope parue chez Rivière Blanche.
Parue en décembre 2012. Disponible sur le site www.blackcoatpress.com

The Man with the Double Heart / Tales of the Shadowmen

The Man with the Double Heart / Tales of the Shadowmen

« L’homme au cÅ“ur double » dans l’anthologie « La nuit du Nyctalope »

30 juillet 2012

« L’homme au cÅ“ur double » : nouvelle publiée sous le nom de Robert Darvel dans l’anthologie « La nuit du Nyctalope » proposée par Jean-Marc Lofficier chez Rivière Blanche. Une aventure de Léo Saint-Clair, le Nyctalope.
Parue en juin 2012. Disponible sur le site www.riviereblanche.com

L'homme au coeur double / La Nuit du Nyctalope

L'homme au coeur double / La Nuit du Nyctalope

« Oops !… They did it Again » dans l’anthologie « U-Chroniques »

30 juillet 2012

« Oops !… They did it Again » : nouvelle publiée sous le nom de Robert Darvel dans l’anthologie « U-Chroniques » proposée aux éditions imaJn’ère / Sous la Cape. Un récit loufoque.
Parue en mai 2012. Disponible sur le site www.phenomenej.fr

Oops !... They did it Again / U-Chroniques

Oops !... They did it Again / U-Chroniques

« Musée-homme » dans l’anthologie « Muséums »

20 juin 2012

« Musée-homme » : nouvelle publiée sous le nom de Robert Darvel dans l’anthologie « Muséums » proposée par Christophe Thill aux éditions Malpertuis. Un récit onirique.
Parue en juin 2011. Disponible sur le site de l’éditeur : www.ed-malpertuis.com

Muséums, Malpertuis

Muséums, Malpertuis

« L’isoloir » dans l’anthologie « Malpertuis III »

14 décembre 2011

« L’isoloir » : nouvelle publiée sous le nom de Robert Darvel dans l’anthologie « Malpertuis III » proposée par Thomas Bauduret aux éditions Malpertuis. Un récit classique en diable.
Parue en décembre 2011. Disponible sur le site de l’éditeur : www.ed-malpertuis.com

malpertuis_III

L’Atelier d’écriture du Carnoplaste #1

12 décembre 2011

Lorsque j’ai songé au Carnoplaste, il y a 4 ans, j’avais déjà en tête les ateliers d’écriture. Une idée simple : réunir des auteurs en un lieu et les contraindre à pondre un fascicule avant d’être libérés.

Pour illustrer le principe, j’ai même inventé le Sergent Briggs, dont la fonction au sein de l’association était de tourmenter les écrivains, lesquels avaient la cheville liée au lutrin d’écriture par une chaine de longueur différente selon l’ancienneté ; j’ai même voulu racheter une ancienne scierie à Theil-sur-Vanne pour les installer (j’avais écrit il y a bien longtemps une nouvelle intitulée Rivage de sciure avec une famille échouée dans un hangar, qui – tiens non, je ne vais pas la raconter, je vais la réécrire pour Malpertuis IV) et cette nouvelle donc, avec l’acharnement souterrain propre aux efforts littéraires de jeunesse, m’avait en quelque sorte conditionné).

Le succès du Carnoplaste m’ayant rendu figure humaine, je renonçai à la scierie, à la sciure et au coercitif directeur de collection Briggs mais, la semaine dernière, je réunissais deux auteurs ici pour le premier atelier. Le but étant de boucler un fascicule avant de repartir. L’affaire a été écourtée pour cause de Festival de Sèvres mais j’ai pu mesurer combien le principe était bon.

Plusieurs idées pour cette première édition. Dont celle de faire travailler les deux auteurs à une même structure d’histoire pour alimenter ce qui sera la collection Cover To Cover : un fascicule double, tête-bêche, deux couvertures, deux récits construits selon un plan identique.

Le choix des auteurs ? Julien Heylbroek, qui depuis quelques temps faisait des bonds comme ça au téléphone avec un projet d’histoire de nain-vengeur-déguisé-en-gorille-mascotte-d’une-équipe-de-foot-ball-américain. Lui, je ne pouvais pas le maîtriser. Il a été convié à batifoler dans la sciure de l’atelier. Et l’autre ?

J’ai participé au recueil Muséums, chez Malpertuis. Pourquoi ne pas solliciter une des plumes ? J’ai arrêté mon choix sur Irène Maubreuil. Je l’ai contactée via Christophe Thill et lui ai exposé l’affaire. Elle a accepté.

Dimanche dernier ma rutilante Mégane s’arrêtait à La Grange (un endroit que vous découvrirez bientôt dans le Nuz Sombrelieu 2 de Brice Tarvel). Descendaient Irène et Julien, clac ! les chaînes aux chevilles, la sciure, ordinateur pour l’un et papier-crayon pour l’autre, structure narrative commune établie, en route pour 150 000 signes. Julien, avec son nain, en 1980, et Irène…

- Irène, à quelle époque vas-tu situer ta part de la stéréotypie ?
- 1875/1880.
- Julien, c’est le milieu du sport infiltré par la mafia, et toi ?
- Un western sub-aquatique avec des Asiates-troglodytes.
- Teuh, teuh. Parfait.

Le premier jour, quelque chose comme 20 000 signes tombent. Je leur prépare à manger en sus de boucler le Harry Dickson No. 189 que j’ai sur le feu. Chacun dans son dortoir, huit heures de sommeil, réveil 7h 30, douche, deuxième journée. Julien, qui a amené de la musique, place quelques pépites de stoner rock. Irène réplique avec Dr John. Julien dégaine Gary Numan, Irène place Gérard Manset, auquel Julien répond les VRP. Pan. D’Oslo, Guillaume Bazard, mon frère, propose les Havalinas. Julien acquiesce. Il glisse son Jazz éthiopien… Tout cela se termine dans une apothéose de musique industrielle. Bref , la deuxième journée, les auteurs ont fait connaissance musicalement (pour les références, demander à Julien sur Facebook et Irène à [email protected]).

40 000 signes.

Jour 3 – Bruit de clochettes derrière la porte du jardin. Un embryon de chien, tout mouillé, tout perdu, geint. Nous nous habillons et faisons le tour du village pour le rendre à son propriétaire. Nous voyant passer, un employé agricole nous dit qu’il est à lui. Nous lui rendons. Il part en courant avec, comme pour le manger. D’ailleurs, nous l’entendons couiner, le bichon.

Jour 4 – Julien est à 40 000 signes de la ligne d’arrivée. Irène peine, mais je les vois échanger entre eux à propos de détails triviaux, et cela me réjouit. Ils parlent de cisailles scotchées au flingue du nain (qui se nomme Nelson), de Lady Godiva (l’héroïne de La Ravageuse de Desert Tide – titre provisoire) violée à l’aide d’un rat-à-écailles. La causerie s’arrête sur les films d’exploitation « Rape & revenge » (qui est le sous-genre du futur Cover To Cover). Justement Julien a amené une brouettée de daubes. On regarde donc I split on your grave (la vengeance d’une écrivaine retirée à la campagne pour écrire, qui se fait violer par les types du coin). Ensuite Lady Godiva Irène insiste pour nous faire visionner Nuns with big guns. Julien se le tient pour dit. Moi, je pars cuire les pois cassés et le lard en songeant à un fascicule racontant la vengeance d’un bichon violé par un paysan.

Enfin vendredi. Quatre heures de travail le matin amène Irène et Julien à 10 000 signes de la fin. Mais il faut partir pour Sèvres. Irène décline l’invitation : elle a à faire chez elle.

Fin abrupte pour un projet qui n’a pas été mené à son terme en une fois, mais les aléas sont ce qu’ils sont. Et, au final, il suffira de peu pour terminer le Cover To Cover. L’expérience est concluante.

Pour la prochaine séance, je convierais les illustrateurs à travailler en direct eux aussi, à mesure que les auteurs leurs donneront les éléments pour composer la couverture.

Sortie prévue pour Mars/Avril chez Le Carnoplasteéditeur de fascicules.

Irène Maubreuil & Julien Heylbroeck. En incrustation, leur source d'inspiration respective.

Irène Maubreuil & Julien Heylbroeck. En incrustation, leur source d'inspiration respective.

Un repas de Savanturiers

12 décembre 2011

De retour de Sèvres. Plutôt que de me tordre en tous sens afin de proposer un compte-rendu, (exercice redouté lorsqu’on est comme moi absolument dénué de finesse d’esprit) je vais vous dire ce qu’il y avait à manger.

Le soir, nous nous sommes attablés au restaurant habituel. Mais cette fois-ci le facétieux Jean-Luc Rivera a remplacé le personnel : aux Estoniens d’Alpha Centauri des premières années qui nous proposaient un Couscous-Leffe-Coca, il a substitué des Asiates-de Bételgeuse-la-Lanterne. Nous avons donc eu droit à des Bébés-Poulpes dans leur Terrine-Mortuaire, une Daube Bourguignonne-Nouilles-Patates et un Tremblant de Mouton-Framboises. (Rappelons tout de même aux effrayés que c’était pour clore un Salon dédié à l’Imaginaire.)

Mais ce n’est pas le plus important. Ces choses étaient certes excellentes, mais la garniture bon dieu, la garniture était à tomber !… Autour de la Trémulante-Terrine, disposés avec grand souci de rythme, forme et couleur, il y eut : Jacques Baudou (délicatement relevé d’une pointe de mémoire-absolue), Robert Darvel donc, (aux anges de disposer de tant de cerveaux à retourner), puis Fabrice Bourland (curieux des élixirs permettant le Voyage-dans-le-Temps), Draghon Ash (geôlière d’omelettes) ; contre son flanc, Phil-le-Poulpe (oui, réanimant les Crevettes-Mayo d’un borborygme de Grand-Ancien), l’adorable Madame Teddy Verano (Carole de son prénom), Emile Fitz (Roi martien de l’Animation), Etienne Barillier (tout à fait capable de décliner l’Exégèse de Philip K. Dick en éphéméride de blagues), Marc Madouraud (Détective de l’Occulte-Brillant), Guy Costes (Guy Costes ! qui m’a dédicacé les 1420 grammes de Terres Creuses amenées pour l’occasion et qui mérite plus d’une notule dans plus d’un ouvrage) et Jean-Luc Boutel (Savanturier-en-Chef).

Apparaissant de-ci-de-là derrière une Penne-Rigate ou bien sautant à pieds-joints depuis une Patate sur le rivage Sauce-au-Vin, d’autres, tant d’autres ! : Richard Nolane et Sabine, Xavier Mauméjean, Gérard Klein, Julien Heylbroeck (de retour du premier atelier d’écriture du Carnoplaste), Romain D’Huissier, Wonder Jol. Et, pour ponctuer le dessert-Maison, l’apparition amusante de deux formes de vie opposées : Jean-Luc Buard – et le Fournisseur-en-Leffe de l’USS-Saga Star-Trek.
Par souci que le rythme plaise à l’œil, les Cuistots avaient laissé deux vides dans la frise parfaite : Joseph Altairac et Jean-Pierre Dionnet (que le Grand-Gastro les relâche).

Dans les profondeurs du Vaisseau-Bistrot-de-la-Mairie, d’autres encore. Pas d’énumération : chacun aura eu à cœur de laisser un témoignage sur son blog ou ailleurs, il suffira à l’Historien-Saucier d’effectuer de menues recherches afin de compléter ce repas ahurissant, le premier de cet Univers qui comptât tant de Savanturiers réunis sous la houlette des deux Jean-Luc : le modèle « B » (celui avé-l’assent) et le « R » (que d’aucuns – sans doute des Klingons – auraient vu boire et fumer).

Sous le regard de Jean-Luc Boutel, Marc Madouraud et Guy Costes s'affrontent en une partie de Main-Ethérée.

Sous le regard de Jean-Luc Boutel, Marc Madouraud et Guy Costes s'affrontent en une partie de Main-Ethérée.

La veille du départ #2 – Terminée & terrifiante

4 juillet 2011

tomate

17 h 59. Terminée : « La veille du départ ». Bouclée. Et j’en suis heureux.
Vous n’en saurez pas le thème avant qu’elle ait trouvé un éditeur. Sachez seulement que c’est l’histoire la plus atroce que j’aie jamais rêvée. Je l’ai menée à son terme en sauvegardant la froideur nécessaire afin que sa chute pétrifie le lecteur, pour la raison et de la manière que je m’étais fixées.
J’y suis arrivé. C’est horrible.
Et pas seulement à cause de la fameuse trace d’ongle sur la peau d’une tomate.
Maintenant, ayez une pensée pour ma correctrice. La pauvre n’aime pas la littérature de l’imaginaire. Et pourtant… pourvu que le texte garde à ses yeux les oripeaux imaginaires dont je l’ai affublé afin d’en atténuer l’horreur…

Histoire de la planète Mars #3 – Un choc !

3 juillet 2011

A la fin d’une réunion de travail, nous refermâmes le dossier contenant nos écrits sur Mars avec d’infinies précautions. Des particules de silice s’en échappèrent néanmoins. Un brouillard ténu troubla le bout de nos doigts, ainsi que l’osier du fauteuil. Un insecte du genre Pachnoda marginella qui rampait là fut brièvement transporté au-delà des lugubres espaces de l’éther.

Nous levâmes les yeux.

Mars… Nous apparaissant si lointaine tout à coup, au-dessus de nos têtes… Grâce aux pages-miroirs, nous venions de plonger le regard dans l’un de ses détails bizarres (au point d’y reconnaître la bicyclette de l’abbé Moreux – cf. note précédente), et voici, la planète rouge se montrait telle qu’en elle-même, en sa juste distance …

Gustave Galopin se jeta un rhum dans le gosier et, dans un magnifique geste de dépit, se leva avec une brusquerie de marionnette à ressort pour étreindre l’Astre Véritablement Inaccessible (malgré nos efforts pour le saisir dans les rets de nos écrits)…

Paf – Il s’y écrasa la crâne.

- Que le grand cerveau putréfie l’abbé, ses figues et sa planète de m*** ! explosa-t-il en se repliant comme une tige pédonculée, le crâne dans les mains.

Je mis notre dossier hors de portée de sa rétraction désordonnée.

- Laissons l’Abbé en dehors de nos maladresses, plaidai-je.

Gustave ne le voulait absolument pas. Bouillant de fureur, il se frottait.

- Qu’il aille se faire éviscérer par une volée d’Erloors, ton abbé de m*** !

- Au moins avait-il raison de proposer comme définition de l’Artiste un être hypersensible à la réactivité déconcertante, dis-je.

- E*** de p*** de c*** de planète rouge de m*** ! répéta-t-il, sans doute sous le coup de la douleur.

Je levai la tête vers la Planète, objet de sa douleur occipitale. J’y découvris la pointe d’un loquet dans le quart inférieur, là où l’œil rivé au télescope discerne habituellement la Mare Tyrrhenum de Schiaparelli.

- Tu n’as pas donné du crâne sur Mars !

- Ah non ? J’en d***, répondit-il, peu disposé, sous le coup de la douleur, à faire économie de « *** ».

Je lui montrai l’Astre au-dessus de nous.

- N’est-ce point, dis-je, le hublot de notre cave ?

Mars ? Non - Le hublot de notre cave !

Mars ? Non - Le hublot de notre cave !

Histoire de la planète Mars #2 – A propos du premier voyage de l’abbé Moreux sur Mars

1 juillet 2011

Lors d’une de nos réunions consacrées à jeter les bases de notre « Histoire des Voyages vers et sur la Planète Mars » le spectre vacillant de Gustave Le Rouge nous demanda :

— Au terme de quel renoncement l’examen d’un crâne peut-il être vécu comme un défi ?

La question était joliment formulée. Ce jour-là nous tentions d’établir une chronologie des voyages de l’abbé Moreux sur Mars et nous saisîmes tout de suite l’enjeu d’une telle interrogation pour nos travaux. (Nous rappelons à nos lecteurs que l’abbé effectua divers trajets vers la planète rouge à bicyclette bien avant d’être le Psychagog que l’on sait.)

— Très juste, il est temps de comprendre, dit Arnoulds-Moreau.

— A tout le moins de rétablir une certaine exactitude, répliquai-je. Connaissant donc les travaux des phrénologues – particulièrement ceux de Franz Joseph Gall (1758-1828) et de Johann Gaspar Spurzheim (1766-1832) – et nous rappelant que des cartes du ciel sont similaires aux cartes du cerveau tracées par l’aiguille du psychographe ; considérant l’Abbé Moreux dans une certaine mesure identique à la barre ayant transpercé le crâne de ce malheureux contremaître ferroviaire Phineas P Gage en 1848, nous pourrions conclure que les absconses péripéties sur lesquelles nous nous penchons sont la cartographie – rigoureuse en un certain point – de cette perturbation ?

— Tout à fait ! s’exclama Arnoulds-Moreau.

(Le contremaître Phineas P Gage et la barre qui lui transperça le crâne)

(Le contremaître Phineas P Gage posant avec la barre qui lui transperça le crâne le 13 septembre 1848 )

— Entendu que Moreux serait une sorte de « barre intersidérale » projetée accidentellement ? intervint le spectre vacillant de Gustave Le Rouge.

— Exactement !

— Et l’éther, une voûte crânienne ? continua-t-il.

— C’est cela !

— Nous aurions tort de penser ainsi, conclut le spectre vacillant de Gustave Le Rouge. Connaissez-vous l’effet « Forer-Barnum » ?

— Oui ! Oui !

— En cas d’acceptation sans réserve de votre part, du discours sur le rapprochement entre crâne et voûte céleste, vous eussiez succombé à cet effet « Forer-Barnum » dans sa variante Robert Darvel. Le saviez-vous ?

— Non ! Non !

— Il faut donc s’en détourner sans appel. Moreux n’est pas un vingt-septième organe dérivant à la surface du Grand Cerveau. C’est un abbé projeté dans l’espace grâce à une méthodologie toute scientifique.

— Bien entendu !

— C’est-à-dire avec les appuis conjoints d’une bicyclette Manufrance Hirondelle n° 20 à 650 fr et d’un vaillance peu commune…

— Et du rhum !

— Son envol n’a rien d’accidentel. Il a été rêvé, voulu, planifié, préparé…

— Grâce au télescope !

— Qui fouille et trace comme l’une des pointe du psychographe ?

— Qui fouille !

— Bref, une méthodologie toute…?

— Scientifique ! Oui ! Oui !

— Qui fouille… ?

— Euh… La voûte crânienne éthérée…

— Qui vient de se faire fendre par l’effet « Forer-Barnum » variante Robert Darvel ?

Le spectre de Gustave Le Rouge venait de nous mettre face aux dégâts causés par notre excès d’enthousiasme. Nous baissâmes tous la tête, contrits d’être de si lamentable élèves.

—Vous n’êtes donc pas découragé ? s’enquit Gustave Galopin. Il est vrai que notre discours est à la fois si enthousiaste et si abscons…

— Abscons… Quel drôle de mot ! Comment l’agencement plus ou moins hasardeux d’une poignée de lettres me découragerait-il ?

— Agencées ou pas, moi, elles me découragent, avoua Arnoulds-Moreau.

— Mais non ! Nous sommes en route ! Nous y croyons ! « Toute cette hygiène de ne rien espérer est peut-être un peu ridicule(*) ». Je me demande juste si ce rhum n’est pas en réalité LE fameux « Jus-de-Brahmane » vieilli en fût psychique au-delà d’une durée raisonnable…

Le spectre vacillant de Gustave Le Rouge se leva et se frotta les yeux. Puis il se redressa. Il avait l’air las, mais non désespéré car malgré notre relative idiotie, nous étions opiniâtre public, il en était convaincu. Pour preuve, avant de se dissoudre, il nous dit :

— Nous poursuivrons ultérieurement cette mise au point. Pour l’heure, resservez-vous un doigt de jus de figue, mes chers amis, mais sans moi…
—-
(*) A. Bioy Casarès – 1914-1999 (pour la version Morel).